Biographie

 
"Quel étonnant moment où la lumière jaillit,
Balayant d’un revers tout ce qui fut construit."

Né en 1962, Philippe GAUBERTI plonge ses racines dans un village familial suspendu sur les hauteurs de Monaco, d’où jaillissait une intense et entêtante lumière.

Il s’ouvre de manière vitale à la sculpture en 1999 à l’occasion d’études de design de l’objet. Tel un peintre recherchant ses couleurs, Philippe Gauberti a choisi rapidement la matière qui servira son mode d’expression : le métal. Particulièrement l’inox poli miroir mais aussi le zinc chromé, le bronze et l’acier.

Il ne cessera de révéler la dualité qui existe entre la froide rigidité du métal et sa souple chaleur dévoilée par sa technique, acquise durant 4 années passées au contact d’un Maitre chaudronnier (polissage, soudure, fonderie) .

L’habileté n’étant plus un frein à ses aspirations créatives, il va faire ses gammes pour aboutir à son propre univers.

Un univers pointu, se jouant de la lumière de par une forte influence architecturale où les lignes s’évaporent. Jusqu’en 2009, il explore de nombreuses pistes d’expression à la recherche d’une harmonie ralliant élégance, souplesse, équilibre et liberté par le travail de froissés, d’impression liquide ou d’impacts.

Une lente quête à la recherche de ce qui sera sa signature.

2010...

 

Grande Pièce
Nue

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Affirmant son style et déjà sensible à la sensualité naturelle et aux mystères des courbes féminines, il va débuter la création de grands Nus.

Les courbes abstraites de ses pièces d’inox poli évoquent toutes une féminité complexe et brillante dont les drapés suggèrent leur nudité dévoilée.

Tandis que la réverbération de ces corps polis nous renvoie notre propre image…

Ses sculptures se trouvent toujours à mi-chemin de deux lectures potentiels.

C’est aussi à cette période que la couleur Orange s’impose à lui tel une évidence, de par l’incarnation de la lumière si chère à l’artiste, ce fut donc tout d’abord une émotion. Et par ailleurs, elle porte la luminosité nécessaire à l’éclairage de ses mises en scène. Mais symboliquement cette couleur incarne aussi pour lui les aptitudes créatrices qui révèlent à toute substance sa forme.

Le métal comme matériaux d’expression, la couleur orange pour l’habillage …

Ce sera sa signature.

 
2012...

 

cube-orange.pngIl se lance dans des créations architecturales : Les Cubiroirs.


Assemblage de cubes inox poli et résine laquée orange, son travail tourne alors autour des anamorphoses.
Donnant l’apparence que chaque cube est placé négligemment et en équilibre, ils sont en réalité positionnés très précisément pour que certains angles de vue laissent apparaitre des trompe-l’œil magiques et éphémères.

Encore deux manières de regarder.

L’une d’abord esthétique et l’autre perçue si l’on prend le temps d’observer vraiment.

 
2014...

 

Odalisk
Odalisk

cube-orange.pngIl revient aux courbes féminines, par des formats raisonnables : les Odalisks.

Allant à l’essentiel, totalement épurées, dégagées de tout élément superflu, il préfère les habiller de reflets enflammés, provoqués par le jeu de résonnance avec les socles orange ou polis. Faussement abstraites, ses sculptures très anatomiques expriment l’élégance féminine en une seule ligne évocatrice. Pure, évidente, naturelle et sans artifice.

Il s’essaye aussi à la résine pour le panel de revêtements que la matière peut lui offrir (laque, peinture miroir neutre, colorée ou velours).

Revisitant un thème très prisé par des Orientalistes du 19ème siècle, Philippe Gauberti nous emmène dans cet univers étrange et fascinant du harem fantasmé, habité d’odalisques lascives, alanguies et offertes .

La vraie dualité apparait entre cette ligne si féminine, équilibrée et sensuelle qui pourtant résulte d’un travail violent de perforation, de soudure et de torsion. Analogie à ces si troublantes Odalisques des harems Ottomans, qui possédaient des talents exceptionnels pour les arts et l’amour et dont seul le Sultan profitait. Elles n’étaient pourtant que des esclaves contraintes et forcées. Les apparences nous rassurent alors que la noirceur de la lumière est parfois aveuglante.

Une nouvelle fois, ce n’est qu’un prétexte pour nous ouvrir la porte vers un autre regard.

Forcer notre réflexion sur les apparences, les illusions.

 
2016...

 

cube-orange.pngHymne à la liberté … Les Envolées

 Tel une invitation à sortir du cadre de nos certitudes, de notre éducation et préjugés. C’est l’envol vers ce qu’il peut devenir.

Tout d’abord, par des soubresauts bouillonnants (ceux qui s’agglutinent dans une partie du cadre), puis, un départ désordonné car enivré par cette liberté nouvelle tant souhaitée et nécessaire, mais le poussant à investir tout l’espace. Le calme viendra après, lorsqu’une direction personnelle et légère aura su, évidente, atteindre le parfait équilibre suspendu. Puis, au bout, la dernière céramique pénètre le mur, symbole marqué que la seule vraie liberté est intérieure.

 


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« Méfiez-vous de vos certitudes » ces quelques mots comme accès aux Anamorphoses

 

Cet art de la perspective secrète est un mécanisme puissant de l’illusion d’optique revisité par l’artiste pour susciter notre interrogation sur le monde actuel.

Une interrogation féroce malgré les lignes fluides, parfaites, légères et colorées qu’il balade sous nos yeux comme un magicien pour détourner notre attention. Pour mieux nous soumettre à cette éternelle dualité qui se répand dans chacune de ces réalisations pour nous forcer à l’introspection.

Une confrontation entre illusion et certitude, révélation et secret. Entre réel et virtuel. Il n’y a pas de sphère, il n’y a pas de cube et pourtant ils sont là. Comment une œuvre statique peut-elle avoir un reflet en mouvement ?

Face au miroir (inox poli), sommes-nous victimes de notre vision ou coupables de l’interprétation que notre cerveau nous impose ? L’illusion est alors confrontée à la vérité. L’enjeu est toujours derrière la façade.

 

 

L’innovation, réside dans la prouesse technique de créer des anamorphoses livrant leur magie quelque soit l’angle où le regard se pose. L’illusion parfaite a le don d’ubiquité. Chaque perspective est une nouvelle rencontre. Chaque image est un secret.